Voir la lettre de juin 2012

La Droite départementale contre l'action sociale ! Par Guy JANVIER

 

L'action sociale, une priorité de la Droite ?

- Alors que les dépenses de fonctionnement augmentent de 32,9 % sur cette période, les dépenses de solidarités ne croissent que de 8,8%. Leur part diminue donc, l'action sociale n'est plus une priorité... 

- Pire ! On remarque même que le soutien à la prévention médico-sociale, seule à même de prévenir les situations d'exclusion, baisse ! Ces dépenses sont essentiellement constituées des crédits affectés à la Protection maternelle et infantile (PMI) sont en diminution constante : 39,4 millions d'euros en 2009, 39,1 en 2010, 37,7 en 2011

- Si les crédits de fonctionnement de l'enseignement ont augmenté d'un peu moins de 20%, une baisse considérable des crédits d'investissement affecte la construction des collèges, en contradiction avec l'affirmation sans cesse réitérée sur le rythme soutenu de création et de rénovation des collèges. De 2007 à 2010, si les crédits étaient de plus de 100M€, aujourd'hui ils peinent à atteindre 85 M€ soit une baisse de 28% de 2010 à 2011 !



Comparons avec les autres départements...

Les départements ont dépensé en 2010 29,1 milliards d'euros pour leur action sociale, soit une dépense par habitant de 472 euros. Cette moyenne cache de profondes disparités. De 324 à 901 euros soit du simple au triple si l'on prend la France entière, et de 324 à 642 euros pour la France métropolitaine hors Paris, soit du simple au double. Celle des Hauts-de-Seine est de 533 euros par habitant.
Source : enquête ADF/DCL sur 25 ans d'action sociale dans les finances départementales.

Dans notre département, la dépense sociale a été de 800,74 millions d'euros en 2010 et de 804,03 millions d'euros, soit une augmentation très légère de 0,5 % d'une année sur l'autre. La dépense sociale, comparée aux dépenses totales de fonctionnement, reste inférieure de près de 3 points à la moyenne nationale :
- 60,6 % pour les Hauts-de-Seine
- 63 % en moyenne nationale
- 68,5 % dans les Bouches-du-Rhône
- 70,4 % à Paris
- 75,9 % dans le Nord.
Source : DGCL CA 2010.

Analyse par grand type de dépenses sociales.

- Les personnes handicapées. 143,81 M€ en 2011 contre 132,43 en 2010, soit une augmentation de 6,8 %. La dépense par habitant est de 95,3 €, légèrement inférieure à la moyenne nationale (100 €/h). Il faut rester vigilant. (Voir intervention de MG sur la MDPH).
- Les personnes en difficulté. 143,97 M€ dont 135,01 au titre des allocations RSA. Il reste très peu de moyens pour les autres dépenses. Pas étonnant que les espaces insertion se plaignent des conditions d'accueil et d'accompagnement de ces personnes. Dépense par habitant : 96€/h, très en dessous de la moyenne nationale : 131 €.
- L'aide à la famille et à l'enfance. 155,60 M€, à comparer aux 159 M€ de 2010. Nous avons déjà eu l'occasion de dénoncer la diminution de ces crédits ainsi que l'absence totale de chiffrage des moyens mobilisés pour ce faire dans le schéma départemental de prévention et de protection de l'enfance et de la jeunesse 2011-2016. L'ASE (Aide sociale à l'enfance) perd à elle seule 10 M€ cette année alors que les besoins sont considérables. Faut-il rappeler que 800 jeunes femmes avec enfant sont en attente d'un hébergement dans notre département et que le nombre d'enfants en danger ne cesse d'augmenter ?
- Les personnes âgées dépendantes. Il est de plus en plus difficile à ceux qui ont une petite retraite de trouver une solution compatible avec leur revenu dans notre département. Dépense par habitant : 104 €/h, en dessous de la moyenne nationale : 122 €. 

Les grands équilibres : des marges de manœuvre non utilisées.

Le Département des Hauts-de-Seine est riche comme nous le savons tous. Cela pourrait servir à renforcer l'action sociale... mais au contraire, la Droite préfère une politique du triple A. Les droits de mutation, taxes sur les transactions immobilières,sont en augmentation de 78,4 M€ passant de 389,2 M€ à 467,42 entre 2010 et 2011.

Le recours à l'emprunt est devenu tabou afin de diminuer sans cesse l'encours de la dette : 195,88 M€ au 31 décembre 2011 contre 238,5 un an auparavant. N'oublions pas que les Conseillers généraux ne sont pas là pour gonfler les caisses du Département, mais pour remédier aux difficultés des citoyens. En tant de crise, elles sont croissantes et nécessitent davantage d'investissement.

Aujourd'hui la majorité se félicite d'un résultat de clôture de l'exercice supérieur à celui de l'an dernier : 390 M€ en 2011 contre 350M€ en 2010. Mais à quel prix ?

 

 Blog de Guy JANVIER : http://www.guyjanvier.com/