Voir la lettre de Janvier 2013

Jean-André LASSERRE réaffirme que la réussite éducative doit être notre priorité !
Article du 25/1/2013

Chers collègues, avant d'aborder la question de la politique éducative départementale, la composante facultative de l'action du Conseil général, qui elle est facultative, je voudrais revenir sur ce qui s'est passé concernant la dotation de fonctionnement de nos collèges pour l'année scolaire 2012-2013 et formuler un vœu pour celle 2013/2014 : ne plus reconduire une opération qui sous prétexte d'instaurer un principe d'égalité de traitement dans le calcul de dotation de fonctionnement entre les collèges, s'est traduite en réalité par une sévère cure d'austérité pour beaucoup d'entre eux. Cette décision qui a été prise en octobre, a semé le trouble dans les communautés éducatives concernées, et ce d'autant qu'elle a été prise sans information préalable des intéressés et sans une politique d'étalement dans le temps, sur deux ans au moins, des ajustements proposés.


Ainsi, certains établissements ont subi une réduction de l'enveloppe qui leur est attribuée de près de 10%, qui a parfois été renforcée par les différences entre les prévisions d'effectifs, l'indicateur retenu par le Conseil général pour calculer ces dotations de fonctionnements, et les effectifs constatés par les établissements qui le sont dès le courant du mois de septembre, beaucoup plus fiables avec parfois des différences à la hausse.
Quelle est l'organisation, publique ou privée qui pourrait réduire en un seul exercice des dépenses de fonctionnement de façon aussi substantielle au risque de s'attaquer à la qualité de l'enseignement dispensé. C'est la question qu'il faut se poser et c'est celle qui a été soulevée dans plusieurs établissements du département confrontés à ces arbitrages, avec parfois des erreurs dans les modes de calcul.

Parmi les mesures d'ajustement proposées par la majorité départementale, la plus importante concerne les déductions qui ont été effectuées sur les prélèvements que font les collèges par rapport aux charges de fonctionnement des services de restauration dont ils ont la gestion. De mauvaises langues pourraient dire que les économies réalisées sur cette mesure, soit près d' 1 million d'euros, vont de fait permettre de compenser les pertes prévisibles liées à un changement là encore sans concertation, de facturation des cantines, qui se traduisent par des difficultés de recouvrements auprès des familles.


A l'heure où le Département met en avant tous les investissements qu'il consacre, on ne peut que s'étonner du sort qu'il réserve à cet investissement immatériel certes, mais qui rentre dans les compétences pleines et entières d'un Conseil général que constitue l'Éducation de nos enfants et des collégiens en particulier. Il est d'autant plus légitime de se poser la question que les montants que cela représente peuvent paraitre dérisoires par rapport au budget global du département et aux 22 millions qui sont consacrés au pôle Léonard de Vinci pour financer un enseignement privé et des actions de formation continue financées par les bénéficiaires.
Pour en revenir à l'objet de cette délibération, la politique éducative départementale qui vient s'adosser à celle menée par l'Éducation nationale, le budget qui lui est consacré, presque 10 millions d'euros, est lui aussi mis à contribution dans le cadre de la politique de maitrise des dépenses, avec à périmètre constant, une baisse modeste certes de 1.4% alors qu'il conviendrait de sanctuariser ce qui est au cœur de l'avenir de notre pays.

Quand on tente et ce n'est pas simple, de faire l'inventaire de tous les dispositifs qui sont proposés par le Conseil général des Hauts de Seine, sur la partie politique éducative il faut en comptabiliser 17 ce à quoi il faudrait rajouter tous les autres qui sont traités dans d'autres secteurs d'intervention, tels que l'environnement, la culture. Au total, cela doit représenter une quarantaine de dispositifs, voire plus, avec des niveaux de participation des collèges extrêmement hétérogènes pour parfois se limiter à quelques établissements de façon très confidentielle. C'est une offre pléthorique qui donne une impression de dispersion, de saupoudrage des moyens. C'est le propre d'une politique dépourvue de lignes directrices claires qui pourraient être partagées par le plus grand nombre de collégiens et ainsi créer le sentiment de participer, de partager une aventure commune soutenue par le Conseil général du 92.


Définir un objectif précis, les moyens pour y parvenir, les résultats à attendre, ce n'est pas la même chose que de retenir un champ d'intervention. C'est ce qui manque aujourd'hui pour permettre des évolutions sur la base desquelles organiser le dialogue avec la communauté éducative que soit au niveau du département ou des établissements. Ces observations ne veulent pas dire que tout est négatif loin s'en faut, il faut se réjouir et souligner la progression de l'ordre de 147.000 euros de la rubrique qui recouvre l'aide des élèves en difficulté dans le cadre duquel il convient d' attirer l'attention sur l'intérêt que présentent les ateliers pédagogiques. Ils permettent de développer de projets hors temps scolaire, définis à l'initiative de chacun des établissements en fonction des besoins qu'ils ont pu identifier selon une logique ascendante suffisamment souple pour cibler la démarche et c'est là tout leur intérêt.


C'est dans le même esprit qu'il faudrait renforcer l'aide aux familles des collégiens pour faciliter la participation de certaines et certains d'entre eux aux voyages d'études là encore initiés par les collèges eux-mêmes en fonction d'objectifs pédagogiques qui leur sont propres.
Cela est d'autant plus important de le faire que nous observons une augmentation du nombre d'établissements (+4%) qui se lancent dans ce type d'initiative alors que l'enveloppe prévue par le conseil général n'a pas augmentée ce qui devrait se traduire par une baisse des prises en charge. Nous sommes dans nos villes, dans les conseils d'établissements dans lesquels nous siégions souvent interpellées à ce sujet car les coûts peuvent être parfois trop élevés pour des familles à faible revenus, notamment monoparentales.


Parmi les gros budgets qui relèvent de cette politique éducative du département, on y trouve le forum Top métier qui cette année aura lieu en février. Il est prévu un montant de près de 1 million d'euros, une somme qui chaque année est pour le coup réajustée à la hausse. Certes la délibération sur laquelle nous devons délibérer cette année fait un effort d'explication sur le volet orientation des collégiens pour répondre aux observations que nous avons faites l'année dernière, mais il suffit d'aller sur le site de la manifestation, de lire les « flyers » pour constater qu'il est annoncé une cible beaucoup plus large que les collégiens car les organisateurs parlent des 12-20 ans, ce qui nous éloigne de la cible. Cela ne va pas sans expliquer l'hétérogénéité de ce qui est proposé dans ce salon avec des risques de redondance avec ce que d'autres collectivités territoriales peuvent réaliser comme le conseil régional qui lui a en charge les lycées.


On peut aussi s'étonner des divertissements proposés. Ils ont plus vocation à attirer du monde, défilé de mode, séance de dédicace avec les joueurs du Racing ... là où il est bon de rappeler que nous nous prononçons sur une enveloppe consacrée aux aides éducatives destinées aux collégiens , dans la maîtrise des dépenses il est importance de distinguer l'essentiel de l'accessoire. Pour notre part, nous préconisons une politique qui met l'accent sur l'information, l'orientation des collégiens en 3e en partenariat avec les secteurs d'activité, les branches sectorielles pour ainsi présenter les métiers, les cursus de formation et en s'appuyant sur les CIO .Nous préconisons également la mise en place d'une politique plus globale, plus complète de lutte contre l'échec scolaire en intégrant et structurant toutes les initiatives que nous finançons dans d'autres dispositifs de façon éclatée pour les réinscrire dans l'école ou autour de l'école, avec l'école et ainsi éviter ce désastre social qui consiste à voir des jeunes de 15 ans sortir définitivement du système scolaire. Nous préconisons enfin de nous recentrer sur quelques dispositifs accessibles au plus grand nombre de collégiens et qui reposeraient sur des initiatives des collèges pour ainsi s'appuyer sur des logiques ascendantes et ce dans la perspective des projets éducatifs mis en avant par la nouvelle loi d'orientation qu'il faudra bien prendre en compte dans les années à venir.