Voir la lettre de Avril 2013

Luc Bérard de Malavas intervient pour la création d'emplois d’avenir au Conseil général
Article du 8/4/2013

« Monsieur le Président,

Je souhaite vous interpeller de nouveau sur la création d'emplois d'avenir dans notre collectivité. Notre groupe a déposé un vœu, en ce sens, lors de la séance plénière du 14 décembre 2012 que votre majorité a rejeté en bloc.

Je comprends votre difficulté à appliquer un dispositif voté par la majorité gouvernementale actuelle que vous combattez depuis votre engagement en politique. Pourtant, nous devrions être tous unis derrière l'objectif de lutter contre le chômage des jeunes. D'ailleurs, malgré la position de principe de votre parti, la loi sur les emplois d'avenir a été votée par des figures de votre majorité dont un ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. Je tiens également à citer Lionnel Luca, qu'on ne peut accuser de sympathie particulière pour la gauche, et qui pensait que : « 150 000 jeunes qui vont acquérir une expérience professionnelle, c'est quand même mieux que Pôle emploi ».

L'objectif de 1300 emplois d'avenir dans notre département est certes ambitieux, je vous l'accorde ! Mais je n'imagine pas que le Conseil général remplisse à lui seul l'objectif départemental, je suggère seulement que le Département recrute quelques dizaines de jeunes en emploi d'avenir pour participer, tout simplement, à la lutte contre le chômage des jeunes les plus éloignés de l'emploi qui doit être un objectif partagé par tous. Vous pourriez prendre exemple sur Alain Juppé qui, malgré un position de principe contre les emplois d'avenir, n'a pas exclu d'y recourir à Bordeaux !

Madame Marie-Laure Godin, dans sa réponse au vœu déposé par M. Guy Janvier, avait insisté sur les dispositifs mis en place par le Conseil général en direction des jeunes. Si ces dispositifs ont un impact aussi positif qu'elle l'entend, je ne peux que m'en féliciter ! Mais les emplois d'avenir ne concernent pas les mêmes publics. Pour rappel, les jeunes concernés sont âgés de 16 à 25 ans (ou 30 ans si vous souhaitez recruter une personne en situation de handicap) et sont peu ou pas diplômés. Concernant le coût d'un emploi d'avenir, sachez que l'Etat s'engage, pour 3 ans, à verser 75 % du SMIC. Soit pour 1430€ de rémunération brute mensuelle, une aide de 1072€ et un reste à payer, pour la collectivité, de 358€ (hors cotisations). Si nous effectuons un rapide calcul sur la base de 30 emplois d'avenir, le Département devrait débourser, sur 3 ans, un total d'environ 390 000 € (hors cotisations). Sur une année, cela représente seulement 130 000 € pour que 30 jeunes acquièrent une première expérience professionnelle, une somme infime au regard des 1,9 Md€ de budget de notre collectivité !

En outre, Monsieur le Président, vous nous aviez fait remarquer que, je vous cite « le Conseil général ne peut pas s'engager à signer une convention dont il ne connaît pas les termes ». Aussi, je me suis permis de vous apporter la convention-type signée par la ville de Paris afin que vous en preniez connaissance !

Enfin, les départements de la Vienne et de la Savoie vont créer respectivement 10 et 15 emplois d'avenir. Plus proche de nous, les mairies de Sèvres et d'Issy-les-Moulineaux ont recruté chacune 2 et 3 emplois d'avenir.

Aussi, acceptez-vous, Monsieur le Président, de prendre votre part de responsabilité dans la lutte contre le chômage des jeunes et, à l'instar de vos amis politiques, d'engager la création d'emplois d'avenir dans notre collectivité ?

Je vous remercie. »